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Quand on pense au SLK, on pense évidemment à son "fabuleux" (le mot n'est pas trop fort) toit rétractable. Si l'idée n'est pas nouvelle, ayant donné lieu finalement à un grand nombre de réalisations, c'est Mercedes avec le type "R-170" qui lui a ouvert les portes de la production à grande échelle...

   
 

Historique

Tout d'abord, rétablissons une première vérité : les premières autos n'avaient pas de toit car cela eut rendu encore plus compliqué un exercice déjà assez insolite à l'époque de la traction animale ! Rétablissons également une seconde vérité, les premières voitures à toit rétractable ne sont pas comme on le pense souvent, les différents modèles de Peugeot d'avant-guerre dont on cite volontiers en premier lieu un des modèles "Eclipse"...

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C'est Ben B. Ellerbeck qui le premier inventa le principe en 1922 et l'implanta sur une Hudson sans qu'il déclenchât d'ailleurs l'euphorie de l'industrie automobile naissante. Il faudra attendre dix ans pour que, traversant l'Atlantique (d'ordinaire, c'est l'inverse !), le prolifique styliste et ingénieur Georges Paulin améliore le principe en rangeant le toit non plus sur, mais dans le coffre, le tout fonctionnant de manière électrique. Pourtant cela n'intéressa pas Citroën et Paulin dut subir encore une déconvenue avec Hotchkiss pour de sordides raisons financières.

Le carrossier Pourtout l'installa pourtant sur une petite série de Lancia Belna, et ce dernier poursuivit ses activités sur des chassis Peugeot 301 et 601. Devant la qualité du travail, Peugeot "badgea" lui-même ses autos dès la fin de l'année 1934 qui vit naître le fameux concept "Eclipse" dont la plus célèbre fut la 402...

 
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Avant même la fin de la deuxième guerre mondiale, les américains industrialisèrent aussi le procédé. Futile, coûteux, peu sécuritaire, le principe se perdit à l'orée des années 1970 peu propices aux nouveautés automobiles et il faudra attendre le milieu des années 1980 pour que les allemands de Mercedes, d'Audi et de Opel, via Michalak, poussent encore un peu plus loin le raisonnement. Toutefois, le japon commercialisa bien avant tout le monde une superbe Mitsubishi 3000GT Spyder en 1994... quid du prix ?!

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Pourtant nous devons le véritable point de départ de la production de masse d'une automobile avec toit rétractable, sans inconvénient lié au système, à Mercedes avec son SLK présenté en 1996, comme nous l'avons déjà vu, seulement deux ans après sa présentation au salon de Turin. Très gros budget marketing on s'en doute, mais c'est tout de même un prix très raisonnable qui assura le succès de l'entreprise...

La marque allemande a dès lors définitivement mis à la mode un système formidable que certains constructeurs s'ingénient à copier (dix ans après !) en oubliant que pour d'évidentes raisons physiques, il n'a sa place que sur des roadsters dont la compacité s'accomode d'un petit habitacle. En effet, les quatre places représentent un bel exploit technique (gare aux bosses du à l'inclinaison du pare-brise...), mais offrent souvent une ligne très discutable, (le "pliage" en trois et non plus en deux parties améliorant légèrement les choses sur les productions les plus récentes (cf. Volvo C70).

Je ne saurais trop vous conseiller "http://retractable.free.fr", un site exceptionnel et exhaustif - dans lequel je me suis permis de puiser ces informations étonnantes sur la génèse du principe - et qui comme son nom l'indique ne traite que de toits rétractables...

Le fonctionnement

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Ce toit électrohydraulique d'une grande fiabilité - quelques fusibles pris en défaut sur les modèles de première génération - se développe ou se replie dans le coffre en 25 secondes. C'est moins que les 29 d'un nouveau SL (plus grand il est vrai) mais c'est 3 de plus qu'un nouveau SLK, dont la nouveauté réside dans la mobilité du pavillon qui lui permet de se retourner afin de donner plus de place au coffre, toit rangé. A ce propos, je ne résiste pas à la malice d'indiquer que si le nouveau SLK (type R-171) a vu sa contenance passer à 200 litres contre 150 pour le R-170 toit en place, il perd en revanche 50 litres toit fermé !

Afin de diminuer ses coûts de production, Mercedes innova avec le SLK R-170 en le faisant construire par modules dans différents sites industriels, et bien qu'il fut assemblé définitivement dans l'usine de Brême au nord de l'Allemagne, son merveilleux toit Vario si complexe fut confié à Car Top System d'Hambourg-Harburg.

Ce toit est constitué de deux parties dont une comprend la lunette arrière. Une pompe hydraulique située dans le coffre commande l'ensemble du mouvement. elle travaille avec une pression maxi de 200 bars et est reliée à 5 vérins hydrauliques. Deux se chargent de l'actionnement du toit, deux autres du déplacement du couvercle du capot arrière, tandis que le dernier vérin s'occupe du verrouillage automatique du toit au niveau du pare-brise. Le calculateur central du SLK - qui fait fonctionner aussi l'essuie-glace, les clignotants, la glace arrière chauffante et les lève-vitres électriques - surveille le déplacement du toit escamotable et reconnaît grâce à différents signaux, le bon fonctionnement du mécanisme.

 

 

Les avantages

ferme ouvert
coffre toitcoff

L'avantage principal, majeur et justifiant à lui seul que l'on achète un SLK, c'est que vous obtenez du même coup non pas une voiture, mais deux pour le prix d'une ! Un coupé (des plus réussis) et un roadster (cabriolet à deux places). Le reste découle de cette ubiquité ; vous n'êtes pas contraint de courir au garage à la moindre averse pour éviter que votre capote ne vieillisse prématurément, vous pouvez faire confortablement 1000 kilomètres dans la journée sans craindre pour vos oreilles ni votre confort et à l'inverse, la plus petite éclaircie est propice à son élégant effeuillage... et là, les badauds apprécient ! Pas même besoin de soleil ni de chaleur pour goûter une conduite en plein air, un mince filet de chauffage suffit...

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En coupé

Ce qui frappe le plus à mon sens, c'est l'esthétique du SLK fermé. Nous en avons parlé dans "La gamme", mais il faut rappeler que la phase 2 en modifiant boucliers et bas de caisse couleur caisse a donné au SLK une allure particulièrement racé. J'ai été moi-même assez surpris du fait qu'il y ait, à mon sens, moins de différences esthétiques entre une phase 2 et un 32 AMG qu'entre une phase 1 et une phase 2. Je considère donc que le SLK est encore plus désirable en "coupé" qu'une fois découvert, ce qui avouons-le n'est jamais le cas avec les cabriolets conventionnels une fois recapotés. Autre énorme avantage, le confort dû au toit rigide. Pas de bruit d'air ni de sifflement au-delà d'une certaine vitesse, chauffage et clim fonctionnent parfaitement et cerise sur le gâteau la visibilité panoramique est excellente grâce aux petites vitres latérales. S'ajoute la finesse du montant arrière du toit rigide qui fait que l'on ne se sent jamais "engoncé" dans l'habitacle. C'est par ailleurs un gage de sécurité au volant.

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En cabriolet

Vous avez 25 secondes à perdre ? Alors laisser votre doigt sur le bouton rouge de la console centrale et laissez faire la technologie et ses différents moteurs qui prennent le relais chacun leur tour. Les premier et deuxième ouvrent le coffre arrière dans un sens pour le moins inhabituel (à l'inverse). Troisième et quatrième moteur prennent le relais pour retirer le toit qui se désarticule en deux parties et vient délicatement se ranger dans la partie haute du coffre, les premiers moteurs reviennent fermer le coffre... Ca y est ! Vous êtes prêts pour la ballade au grand air, sans que vous ne soyez incommodé le moins du monde puisque vitres montées et filet coupe-vent en place (accesssoire d'origine), c'est tout juste si l'on sent l'air au dessus de sa tête. Certes, de nombreux cabriolets classiques ont un coupe-vent, mais je dois dire que le cocktail proposé par le SLK, petit habitacle, filet anti-remous et sièges réglables en profondeur autorise une conduite en cabriolet toute l'année !

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Avec le SLK, vous profitez de tous les bons instants, fussent-ils en février. Combien de propriétaires de cabriolet mettent le hard top pour le look et le confort en octobre et ne revoient plus le ciel avant mai...

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Les inconvénients

L'inconvénient principal est inhérent au système. Le toit venant se loger dans le coffre, il en diminue sa capacité d'autant. mais comme le dit le Moniteur Automobile : "(...) essayer de voyager avec votre hard top dans le coffre de votre Boxster ou de votre Z3 (...)". Par ailleurs, le coffre est très grand pour la catégorie et même en position toit dans le coffre il reste de quoi partir en week-end... mais pas en vacances ! Bien qu'assez peu d'incidents soient relatés, il faut également admettre que cette belle mécanique à de quoi rendre soucieux quand on voit sa complexité.

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