Qui n'a pas entendu parler des fameuses “flèches d'argent”, le surnom donné aux Mercedes de course qui ne laissaient généralement pas beaucoup de chances à leurs poursuivantes. La fameuse 300 SL “portes papillon” en est la descendante... Il suffit d'un coup d'œil pour constater la filiation entre le fameux bolide des années 50 et le frais roadster de la fin des années 90...

   
 

La 300 SL "52"

Le chef d'œuvre que l'on connaît n'est pas né du premier coup avec cette ligne sublimissime. Il a connu plusieurs apparences, en premier lieu dictées par la compétition. C'est ainsi qu'est apparue en 1952 la première de la lignée des SL qui s'illustra victorieusement dans l'éprouvante Panamericana sillonnant les rapides et dangereuses routes mexicaines du Nord au Sud.

En 1955 elle devint SLR (type W 196 S) troquant au passage son 6 cylindres 3L pour un V8, et Stirling Moss s'illustra à son volant en remportant la mythique et cruelle course des “Mille miglia”...

 

Je ne résiste pas à vous montrer ses émouvantes photos d'usine de l'époque où l'on peut voir les fameuses 300 SL type W 198, plus poétiquement surnommées “ailes de mouette” (en anglais) et “papillon” (en français), en cours de gestation... Tandis que la photo ci-dessous vous permet de juger des aptitudes de la belle à prendre en plus, des postures avantageuses dans des décors de rêve !

 
 

 

 

 

La 300 SL "54"

Le magnifique coupé 300 SL à portes papillon est donc né de la compétition, mais connaîtra ensuite un fabuleux destin en production grâce au dynamique importateur de voitures de sport européennes de New York, Max Hoffman, un autrichien au carnet d'adresses particulièrement fourni, qui sut fort à propos écouler un grand nombre de 300 SL auprès d'une clientèle exigeante et fortunée.

La marque ne prit tout d'abord pas au sérieux la demande de Max Hoffman, mais quand celui-ci indiqua qu'il avait mille clients potentiels, les ingénieurs de Mercedes se mirent immédiatement au travail...

Un non moins splendide cabriolet (type usine R 198, produit de 1957 à 1963), bien que légèrement moins agressif, vint prendre la relève du plus fabuleux coupé sportif de l'époque. En effet, comme nous l'apprend Dennis Adler (le gardien du temple de l'historique Mercedes aux USA), c'est le cabriolet qui était le plus attendu outre-Atlantique où il se vendit encore mieux que la version fermée (1858 exemplaires contre 1700). Malgré une puissance supérieure de vingt chevaux, ses performances n'étaient pas meilleures en raison d'une légère surcharge pondérale. En revanche, le travail rendu enfin possible sur le train arrière rendait son comportement beaucoup plus agréable.

lLes canons de l'aérodynamique sont alors différents des nôtres ; plus "goutte d'eau" que “profil en coin”, mais la présence des bosses jumelles sur le SLK est là pour nous rappeler qui était son ancêtre...

Les portes dites “papillon” qui ont fait entrer la 300 SL dans la légende sont le résultat d'une recherche esthétique, mais sont surtout la conséquence des impératifs de la compétition. Comme on le voit bien ci-dessus, l'auto repose en effet sur un treillis tubulaire fourni et n'offre qu'une ouverture de fait très limitée. Quel magnifique spectacle ce devait être quand ces dames de la bonne société cherchaient à entrer ou à sortir de la 300 SL de leur mari, avec leurs robes fourrreaux de l'époque...